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Tarcis Ancay, qui êtes-vous ?
Je
suis né le 1er mars 1970 à Martigny, en Valais. Je suis
célibataire, père d’une petite fille de 5 ans, Vanina. J’habite sur
la commune de St-Jean, dans le Val d’Anniviers. Ma profession est
facteur dans la même vallée. Mes passions sont le sport en général,
la chasse, la nature, la pâtisserie, ma formation première et bien
entendu la course à pied.
Depuis combien de
temps pratiquez-vous la course à pied ?
J’ai commencé à courir à l’âge de 16 ans jusqu’à 20 ans. Je faisais
essentiellement de la course de montagne. En 1989, j’ai obtenu le
titre de Champion d’Europe de course de montagne. Puis j’ai fait une
pause footballistique de 15 ans. C’est en changeant de lieu de
travail pour me retrouver dans le Val d’Anniviers que ma carrière de
coureur à pied à réellement commencé, à l’âge de 30 ans.
Sur quel terrain vous sentez-vous le plus à
l’aise ?
Je
peux dire que je suis un « touche à tout » car je divise ma saison
en trois parties : premièrement, de janvier à avril, je prépare un
marathon. De mai à septembre, je participe essentiellement aux
courses de montagne. Et les trois derniers mois de l’année, je me
consacre aux courses en ville. Je m’accorde deux semaines de pause à
la fin de chaque périodes.
Comment avez-vous
découvert les huiles essentielles ?
Ca
a très mal commencé et c’était plutôt épique ! Sur la ligne de
départ de notre course mythique en Suisse, Sierre-Zinal, l’année
dernière, j’avais reçu des directives très précises de mon
ostéopathe (qui est devenue ma chérie depuis) concernant
l’utilisation d’huiles essentielles, précisément l’épinette noire.
Elle m’avait invité à m’en mettre 3-4 gouttes sur le dos de la main
et les frotter sur la zone des surrénales. Trouvant cette quantité
ridicule, j’ai pensé bien faire en me frictionnant copieusement du
cou aux orteils et j’ai vidé le flacon entier ! Dès le départ, je
me suis mis à suffoquer et je n’avais qu’une idée en tête, trouver
un espace sur le parcours où l’hélico de secours pourrait venir me
chercher et…me sauver la vie ! Il m’a fallu une bonne heure de
course pour que mon corps élimine la surdose d’huiles essentielles !
Et le comble, c’est qu’un test anti-dopage était soumis aux coureurs
à leur arrivée et j’ai eu très peur que les huiles soient
considérées comme un dopant !
Et depuis, vous êtes-vous réconcilié avec les
huiles essentielles ?
Bien entendu, après cette mésaventure, je me soigne principalement
avec les huiles essentielles comme la mal de cou, la sinusite, des
tensions articulaires, des problèmes digestifs, mes tendinites,
contractures musculaires etc…
Quel est votre plus grand défi ?
Mon plus grand défi est de monter un team (le BCVS Mount Asics Team)
et de former des jeunes dans la pratique de la course de montagne,
de les guider, de les conseiller et de les inspirer afin de leur
donner la chance de goûter à la joie de la victoire sur des courses
comme Sierre-Zinal ou le Yungfrau Marathon.
Comment s’est
formé ce team ?
C’est mon ami Patrick Crettenand, physiothérapeute à Sion chez qui
je bénéficie d’un soutien inconditionnel depuis de nombreuses années
qui m’a suggéré de former un groupe de performance en Valais pour
soutenir les coureurs de montagne et permettre à ces jeunes de
s’épanouir.
Quel est le but de ce team ?
Offrir la possibilité à ces jeunes de découvrir des plans
d’entraînement variés, leurs donner des soins au niveau
physiothérapeutique, des test de performance et des conseils
professionnels.
Aussi, nous souhaitons obtenir à moyen terme des résultats au niveau
national et international.
Revenons à vous. Quels sont vos prochains
objectifs ?
Ils sont basés essentiellement sur les courses de montagne avec
Sierre-Zinal au mois d’août et le Yungfrau Marathon.
Pour bien terminer la saison, je m’envolerai également au mois
d’octobre à Sidney en Australie pour participer aux Championnats du
Monde de Masters de 10km sur route et semi-marathon.
Quels sont vos plus beaux souvenirs ?
Je
pense que ma victoire à Sierre-Zinal en 2006 restera pour moi
l’apogée de ma carrière car cette victoire m’a permis de réaliser le
rêve d’un gosse et de toute une valléeé.
Quel est votre plus grand regret ?
C’est peut-être ma non-qualification pour le marathon des Jeux
Olympiques de Pékin, échec si on peut dire, du en grosse partie à
une blessure fantôme à mon pied droit.
Que peut-on vous souhaiter ?
Une santé que me permette de garder ma bonne humeur, ma joie de
vivre, mon envie de courir encore de longues années.
Quelle est la question que vous auriez voulu
que l’on vous pose ?
« A quoi penses-tu quand tu franchis victorieusement la ligne
d’arrivée ? »
A
ma fille Vanina, à mes parents, à toutes les personnes qui ont
contribué à ma réussite et en particulier à la femme que j’aime.
Propos recueillis par I.B.
Palmarès :
Champion suisse de marathon 2008-2009.
Champion suisse de semi-marathon 2005
1er
à Sierre-Zinal 2006
4ème
aux Championnats du monde longue distance en montagne en 2005
Mes meilleurs chronos : 2h17’ sur marathon ; 1h05’ sur semi-marathon
et 29’56’’ sur 10km route.
Il se donne corps et âme
à son métier de facteur et porte volontiers des chaussures
de sport. Alors que certains peinent à finir un marathon,
Tarcis Ançay l’avale dans le temps record de 2 h 19.
Prochain objectif: Pékin 2008.
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Un après-midi pluvieux début mai. Le car postal
gravit la montagne virage après virage. «Vous allez voir Tarcis? Il
est gentil et tout le monde le connaît ici. Un bon gars», relève le
chauffeur du car. Tarcis m’accueille en chaussures de course devant
son chalet Holly Wood à Ayer/VS. Nous allons courir ensemble. Quoi
de mieux pour que Tarcis Ançay me fasse découvrir sa passion pour la
course et sa patrie le Valais. Tarcis a appris le métier de
boulanger. Mais sa passion a toujours été le sport: au début surtout
le ski et le football. La maman de Tarcis vient du village Andiast
aux Grisons, d’où son prénom romanche. Elle travaillait à la Poste
et c’est pour respecter la tradition que Tarcis est lui aussi venu à
la Poste. «Il n’y a pas eu un seul jour où je n’ai pas été content
d’aller travailler. Le métier de facteur me plaît. Je suis dehors,
j’ai des contacts avec les gens et je travaille dans une équipe
formidable.» Dans sa jeunesse, Tarcis Ançay était déjà un très bon
coureur. A dix-neuf ans, il est devenu champion d’Europe junior de
course de montagne. «A l’époque, je ne savais pas quoi faire.
Personne n’est venu vers moi pour m’aider ou pour me coacher. C’est
pourquoi je n’ai pas misé sur la course.»
Sportif de pointe
grâce à un pari
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Il a ainsi joué du football et a dribblé de la
quatrième à la deuxième ligue. C’est finalement son futur beau-père
qui l’a ramené dans la course à pied. Le défi qu’il lui a lancé a
été décisif. «J’ai parié avec lui que je battrais son meilleur
chrono sur Sierre-Zinal dans les trois prochaines années.» C’était
en 2000. Le temps n’était pas facile à battre. La première année,
Tarcis n’a pas réussi à courir plus vite que les 2h55 et 16 secondes
du père de son amie. Mais cela réveilla en lui l’esprit de
compétition et la résolution d’atteindre son but. «Augustin Genoud
est devenu mon coach et j’ai obtenu le soutien d’un
physiothérapeute, d’un diététicien et de différents compagnons
d’entraînement, dont Michel Délèze.»
Distribuer des
lettres = entraînement de fitness
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En 2001, le pari était gagné – et plusieurs
autres buts étaient déjà atteints. Tarcis Ançay remporta le
championnat suisse de semi-marathon, en 2004 il était le deuxième
Suisse le plus rapide au Marathon de Zurich et cette année le
troisième dans le temps de 2h20 et 32 secondes. Il court désormais
pour le marathon des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
Facteur à plein temps, père de famille,
coureur de pointe et «copain avec tout le monde». C’est plus qu’un
100%. Comment fait le Valaisan? «Je bénéficie d’un grand soutien de
mon entourage. Ma famille, mon coach, mon chef – ils me comprennent
ainsi que mes ambitions sportives. Mes succès sportifs m’ont aidé à
sensibiliser mon chef. Les reportages à la TV me concernant et les
prises de vue au travail lui ont plu…» Son métier de facteur
constitue un autre avantage. «Je ne dois pas faire d’entraînement
physique supplémentaire, car je me muscle assez en accomplissant mes
tournées.»
Mais Tarcis sait qu’il a un désavantage par
rapport aux professionnels ou semi-professionnels. La récupération
est trop courte. «En 2007 au plus tard, je devrais réduire mon temps
de travail pour me préparer pour Pékin. C’est bien de gagner de
l’argent mais cela ne m’aide pas à progresser. Plus de temps li-bre
serait pour moi le sponsoring idéal!»
Reconnaissance de
la course à pied
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Tarcis Ancay est enthousiasmé par l’engagement de
la Poste pour la course à pied. «C’est pour moi un défi et une
reconnaissance de la course à pied. La Suisse n’a de loin pas encore
exploité son potentiel de talents et d’infrastructures
d’entraînement. Il faut encourager l’élite de la course à pied.» Et
d’ajouter: «La course à pied a besoin de sponsors. Nous pourrons
ainsi inviter de prestigieux coureurs étrangers à des courses
suisses et nous mesurer à eux.» Pour Tarcis, les favoris de la
PostCup ne font pas l’ombre d’un doute: Christian Belz chez les
hommes et Christina Carruzzo chez les femmes. Il s’entraîne
d’ailleurs de temps à autre avec elle. La Valaisanne est pour Tarcis
l’une des plus talentueuses coureuses de Suisse. «Elle fera
certainement encore parler d’elle.» Lui aussi.
Article de Béatrice Wertli,
journal du personnel La Poste, n 5, 17 mai 2005 |